Lors de la tempête de samedi, l'Homme est bien sûr sorti pelleter. Et moi, je suis restée à l'intérieur à faire des carrés aux dattes. Et, pour une raison inconnue, j'ai eu l'impression d'être à ma place, de faire la bonne chose au bon moment, de remplir totalement mon rôle de femme dans la société. À faire des carrés aux dattes pour mon chum qui pelletait. Je me sentais comme dans Les Belles Histoires des pays d'en haut. Pendant un cours moment, j'ai même eu le goût de me marier, d'avoir 15 enfants et de rester à la maison à m'en occuper en chauffant le poêle. Je sais bien que «femme accomplie» ne signifie pas qu'elle ne travaille pas et ne fait que des bébés et du ragoût. Je pense que c'est tout simplement une partie, tout de même importante, de l'accomplissement.
Parfois, je doute de mes capacités de femme. Comment est-ce que moi, je pourrai un jour élever des enfants, leur apprendre à attacher leurs souliers, faire leurs lunchs, leur faire apprendre leurs tables de multiplication, leur apprendre à ne pas voler de bonbons au dépanneur, leur faire comprendre qu'il ne faut pas rire du monsieur qui a été peinturé en noir et qu'il n'est surtout pas question que leur chum dorme à la maison tant que je serai en vie!
Avez-vous vu le projet de vie! S'OCCUPER DE QUELQU'UN 24H SUR 24! Ils devraient en faire un cours complémentaire : l'art d'être parent. Comme ça, on serait prêts!
Mais, je veux des enfants quant même. Même si ça implique de se faire crier «J'AI FINI!» ou «MON PULL-UPS EST FROID!».
Mais tout de même. Le jour où un «+» apparaîtra sur mon test de grossesse, je vais faire des carrés aux dattes.
Aucun message portant le libellé Les vraies affaires. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Les vraies affaires. Afficher tous les messages
19 mars 2007
28 février 2007
Et si c'était juste..moi?
J'ai revu deux amies avec lesquelles j'ai partagé ma vie exaltante de 3 à 5 ans. Celle qui avait les cheveux frisés les aplatit maintenant à chaque jour de sa vie, pour être bien certaine que plus aucun cheveu fou, frisottis, frisette, boudin, frisou et autres mèches créatives ne s'échapperont de la racine de ses cheveux. Celle qui était brune est maintenant blonde, vraiment blonde, jaune, soleil, blé, orge, maïs, avoine, pissenlit, sans repousse, sans l'ombre d'un petit peu de couleur terre sur ce long champ de moutarde.
Mais moi...et bien c'était comme d'habitude, c'était juste moi, avec des cheveux bruns et frisés. Qu'est-ce qu'elles doivent me trouver out. Le naturel, c'est le passé, quand maman décidait de la coupe à faire chez le coiffeur et qu'elle nous faisait des tresses le matin. Mais c'est comme ça. J'ai secoué ma tignasse en haussant les épaules.
J'ai revu une copine du primaire, une très vieille copine, le genre de très vieille copine avec qui vous avez déchiffré vos premiers mots dans un livre et fait de la peinture à doigt le vendredi après-midi. Elle étudie en littérature, a de grands projets, veut écrire, écrire, écrire, devenir journaliste, mais pas pour le 7 jours, elle veut écrire des romans, des pièces de théâtre, des éditoriaux, des articles de journaux.
Mais moi...et bien c'était comme d'habitude, une fausse-artiste qui se prend pour un vrai-faux-poète sur un vrai blogue et qui rêve, entre son cours de maths et son cours de chimie, de pouvoir elle aussi écrire, même pour le 7 jours, même des pièces de théâtre underground psychédélique, même la chronique nécrologique du Soleil.
Puis, je me suis vue dans le miroir. J'y ait aperçu une petite fille qui m'a envoyé la main. Elle m'avait reconnue.
Je n'ai pas changé. Je suis devenue moi.
Mais moi...et bien c'était comme d'habitude, c'était juste moi, avec des cheveux bruns et frisés. Qu'est-ce qu'elles doivent me trouver out. Le naturel, c'est le passé, quand maman décidait de la coupe à faire chez le coiffeur et qu'elle nous faisait des tresses le matin. Mais c'est comme ça. J'ai secoué ma tignasse en haussant les épaules.
J'ai revu une copine du primaire, une très vieille copine, le genre de très vieille copine avec qui vous avez déchiffré vos premiers mots dans un livre et fait de la peinture à doigt le vendredi après-midi. Elle étudie en littérature, a de grands projets, veut écrire, écrire, écrire, devenir journaliste, mais pas pour le 7 jours, elle veut écrire des romans, des pièces de théâtre, des éditoriaux, des articles de journaux.
Mais moi...et bien c'était comme d'habitude, une fausse-artiste qui se prend pour un vrai-faux-poète sur un vrai blogue et qui rêve, entre son cours de maths et son cours de chimie, de pouvoir elle aussi écrire, même pour le 7 jours, même des pièces de théâtre underground psychédélique, même la chronique nécrologique du Soleil.
Puis, je me suis vue dans le miroir. J'y ait aperçu une petite fille qui m'a envoyé la main. Elle m'avait reconnue.
Je n'ai pas changé. Je suis devenue moi.
30 janvier 2007
L'heure des choix
Dans 29 jours, les différentes universités du Québec recevront une demi-tonne de demandes d'admission. Et, d'ici 29 jours, une demi-tonne d'étudiants devront s'être trouvé une carrière.
«Dans mon temps, c'était juste les riches qui allaient à l'université! C'est une chance que vous avez!»
Dans le mien, si tu ne vas pas à l'université, si tu ne parles pas 4 langues et si tu ne fais pas 3 stages internationaux, tu fais partie de la catégorie «futur fonctionnaire».
«Faire une technique!!! Prendre une année sabatique !! Fais un DEP tant qu'à desecendre aussi bas ! Wouash, quel sans-avenir tu es! Deviens pharmacien, il y a en masse de job là-dedans!»
Qu'est-ce qu'on disait sur la chance déjà?
Aujourd'hui, différentes universités sont venues visiter le Cégep. Elles nous ont offert de belles brochures aussi épaisses que le catalogue Sears de Noël, remplies de photos d'étudiants pas cernés qui étudient en souriant. Elles nous ont fait miroiter la beauté de leur architecture, leur vie étudiante animée et leur campus rempli d'arbres.
Ok, c'est ben le fun.
Il me reste juste à me choisir un programme.
Il est certain que nous sommes tous extrêmement chanceux d'étudier à des frais quant même pas si terrible et peu importe notre sexe ou notre religion. Mais est-ce qu'on est obligés de suivre le parfait parcous «DEC en deux ans et bac en trois ans»? Est-ce qu'on peut se tromper? Est-ce qu'on peut, à 18 ans, ne pas savoir ce qu'on veut faire pour les 50 prochaines années de sa vie? Est-ce qu'on peut y réfléchir à deux fois?
Aller à l'université n'est pas qu'une chance, c'est aussi un choix personnel.
«Dans mon temps, c'était juste les riches qui allaient à l'université! C'est une chance que vous avez!»
Dans le mien, si tu ne vas pas à l'université, si tu ne parles pas 4 langues et si tu ne fais pas 3 stages internationaux, tu fais partie de la catégorie «futur fonctionnaire».
«Faire une technique!!! Prendre une année sabatique !! Fais un DEP tant qu'à desecendre aussi bas ! Wouash, quel sans-avenir tu es! Deviens pharmacien, il y a en masse de job là-dedans!»
Qu'est-ce qu'on disait sur la chance déjà?
Aujourd'hui, différentes universités sont venues visiter le Cégep. Elles nous ont offert de belles brochures aussi épaisses que le catalogue Sears de Noël, remplies de photos d'étudiants pas cernés qui étudient en souriant. Elles nous ont fait miroiter la beauté de leur architecture, leur vie étudiante animée et leur campus rempli d'arbres.
Ok, c'est ben le fun.
Il me reste juste à me choisir un programme.
Il est certain que nous sommes tous extrêmement chanceux d'étudier à des frais quant même pas si terrible et peu importe notre sexe ou notre religion. Mais est-ce qu'on est obligés de suivre le parfait parcous «DEC en deux ans et bac en trois ans»? Est-ce qu'on peut se tromper? Est-ce qu'on peut, à 18 ans, ne pas savoir ce qu'on veut faire pour les 50 prochaines années de sa vie? Est-ce qu'on peut y réfléchir à deux fois?
Aller à l'université n'est pas qu'une chance, c'est aussi un choix personnel.
27 janvier 2007
L'amour c'est...
L'amour c'est...offrir
Voici ce que disaient les gigantesques écriteaux au Sears aujourd'hui. La St-Valentin s'en vient et la société de consommation que nous sommes se tient prête.
J'ai offert à mon amoureux un soutien qu'il avait bien besoin. Je lui ai offert la possibilité d'aller voir si le gazon était plus vert à l'extérieur que dans son appartement. J'ai offert à mon amoureux la stabilité. En échange, il a teinté ma vie de sa folie et y a apporté une dose de «guts» qui ne m'a pas fait de tort. Je lui ai offert la possibilité de rêver, de s'imaginer ailleurs qu'ici. Je lui ai offert une multitude de coups de pied aux fesses qui lui ont permis à chaque fois d'entamer une nouvelle étape dans sa vie ou tout simplement de revoir un vieux copain. Je lui ai offert ma bouche il y a 4 ans déjà et je compte bien faire de même avec ma main, un jour.
Ça me rend triste de voir que l'amour est maintenant considéré comme quelque chose qui peut s'offrir dans un sac-cadeau. On peut tellement donner plus...
Cette année, j'offre à mon amoureux un méga câlin et je vais le remercier pour tout ce qu'il a apporté dans ma vie. Et je crois que je vais faire de même avec tous mes amis.
Mais...
J'ai péché mon père...
J'ai acheté un ourson de peluche bouledogue super-doux qui tient un os dans sa bouche où il est écrit «Je t'aime» à mon chum, grand fan de bouledogues....Comme quoi on peut être une fille avec des opinions anti-matérialistes et aimer faire plaisir avec des bébelles en même temps...
Voici ce que disaient les gigantesques écriteaux au Sears aujourd'hui. La St-Valentin s'en vient et la société de consommation que nous sommes se tient prête.
J'ai offert à mon amoureux un soutien qu'il avait bien besoin. Je lui ai offert la possibilité d'aller voir si le gazon était plus vert à l'extérieur que dans son appartement. J'ai offert à mon amoureux la stabilité. En échange, il a teinté ma vie de sa folie et y a apporté une dose de «guts» qui ne m'a pas fait de tort. Je lui ai offert la possibilité de rêver, de s'imaginer ailleurs qu'ici. Je lui ai offert une multitude de coups de pied aux fesses qui lui ont permis à chaque fois d'entamer une nouvelle étape dans sa vie ou tout simplement de revoir un vieux copain. Je lui ai offert ma bouche il y a 4 ans déjà et je compte bien faire de même avec ma main, un jour.
Ça me rend triste de voir que l'amour est maintenant considéré comme quelque chose qui peut s'offrir dans un sac-cadeau. On peut tellement donner plus...
Cette année, j'offre à mon amoureux un méga câlin et je vais le remercier pour tout ce qu'il a apporté dans ma vie. Et je crois que je vais faire de même avec tous mes amis.
Mais...
J'ai péché mon père...
J'ai acheté un ourson de peluche bouledogue super-doux qui tient un os dans sa bouche où il est écrit «Je t'aime» à mon chum, grand fan de bouledogues....Comme quoi on peut être une fille avec des opinions anti-matérialistes et aimer faire plaisir avec des bébelles en même temps...
25 janvier 2007
De la première à la dernière page
Bébé, je feuilletais amoureusement le catalogue Sears en bavant sur le tapis du salon.
Quand mon petit frère est né, je me suis empressée de lui raconter «La course de Pluto», que je connaissais par coeur à force de me l'avoir fait lire.
Enfant, pendant 20 semaines consécutives, mes parents m'ont acheté un livre de Disney au Provigo. Ainsi, j'avais la collection complète...pour 20$.
Dès que j'ai mis les pieds dans ma classe de 1ere année, j'ai su qu'ici, ce serait marrant. Ce soir-là, j'ai été capable de lire «maison» et «Médor le chien» dans mon beau livre de lecture.
Cette même année, j'ai lu mon premier livre, que j'avais choisi moi-même à la bibliothèque. «Monsieur chatouille». 17 pages. Avec des images.
Puis, je n'ai plus arrêté. «La courte échelle», les «Baby-sitter» et les «Frisson» y sont passés au complet. Lorsque j'allais à la bibliothèque, je pouvais emprunter jusqu'à 15 volumes...et en lire 3 dans le même après-midi.
Aux réunions de parents de mon école primaire, la première chose que ma mère demandait à mon professeur c'est «Est-ce que c'est possible de trop lire?» . Je lisais tout le temps: en mangeant, avant de me coucher, à l'école, en revenant de l'école. Quand je lisais, c'était comme lorsque je m'endormais: j'étais dans un autre monde, je n'entendais plus rien, tout ce qui comptait, c'était l'histoire. Après avoir fini un livre, je m'ennuyais des personnages pendant un petit moment...jusqu'au prochain livre.
Beaucoup plus tard, j'ai fait du bénévolat où j'aidais une petite fille qui avait des difficultés à l'école à faire ses devoirs. Chez elle, aucun livre, aucune bibliothèque, même pas un semblant d'étagère pour y placer les «7 jours». Et elle, même en 2eme année, lire «Médor le chien» dans son beau livre de lecture, c'était un gros défi.
Merci Sears. Merci Pluto, Mickey, Daisy et ceux que j'oublie. Merci Monsieur Chatouille. Merci Dominique Demers. Merci Chrystine Brouillet. Merci J.K. Rowling. Merci Lucy Maud Montgomery. Merci papa et maman. C'est grâce à vous tous si j'ai découvert ce qui permet à la vie d'être plus que seulement la vie.
Quand mon petit frère est né, je me suis empressée de lui raconter «La course de Pluto», que je connaissais par coeur à force de me l'avoir fait lire.
Enfant, pendant 20 semaines consécutives, mes parents m'ont acheté un livre de Disney au Provigo. Ainsi, j'avais la collection complète...pour 20$.
Dès que j'ai mis les pieds dans ma classe de 1ere année, j'ai su qu'ici, ce serait marrant. Ce soir-là, j'ai été capable de lire «maison» et «Médor le chien» dans mon beau livre de lecture.
Cette même année, j'ai lu mon premier livre, que j'avais choisi moi-même à la bibliothèque. «Monsieur chatouille». 17 pages. Avec des images.
Puis, je n'ai plus arrêté. «La courte échelle», les «Baby-sitter» et les «Frisson» y sont passés au complet. Lorsque j'allais à la bibliothèque, je pouvais emprunter jusqu'à 15 volumes...et en lire 3 dans le même après-midi.
Aux réunions de parents de mon école primaire, la première chose que ma mère demandait à mon professeur c'est «Est-ce que c'est possible de trop lire?» . Je lisais tout le temps: en mangeant, avant de me coucher, à l'école, en revenant de l'école. Quand je lisais, c'était comme lorsque je m'endormais: j'étais dans un autre monde, je n'entendais plus rien, tout ce qui comptait, c'était l'histoire. Après avoir fini un livre, je m'ennuyais des personnages pendant un petit moment...jusqu'au prochain livre.
Beaucoup plus tard, j'ai fait du bénévolat où j'aidais une petite fille qui avait des difficultés à l'école à faire ses devoirs. Chez elle, aucun livre, aucune bibliothèque, même pas un semblant d'étagère pour y placer les «7 jours». Et elle, même en 2eme année, lire «Médor le chien» dans son beau livre de lecture, c'était un gros défi.
Merci Sears. Merci Pluto, Mickey, Daisy et ceux que j'oublie. Merci Monsieur Chatouille. Merci Dominique Demers. Merci Chrystine Brouillet. Merci J.K. Rowling. Merci Lucy Maud Montgomery. Merci papa et maman. C'est grâce à vous tous si j'ai découvert ce qui permet à la vie d'être plus que seulement la vie.
S'abonner à :
Messages (Atom)